Plusieurs études ont montré que les Apple Watch permettaient de prédire le coronavirus plus d’une semaine avant l’apparition des premiers symptômes.

Depuis le début de la pandémie, de nombreux chercheurs se sont intéressés aux nouvelles technologies pour tenter d’endiguer la propagation du virus. De nombreux objets technologiques ont ainsi vu le jour, mais certains wearables déjà en circulation ont également retenu l’attention des chercheurs : les smartwatchs. Deux études ont en effet démontré que les montres connectées telles que les Apple Watch pouvaient être utiles pour détecter le coronavirus avant l’apparition des premiers symptômes.

La première étude menée par le Mount Sinaï Health System de New York a ainsi démontré que l’Apple Watch était en mesure de détecter « des changements subtils dans le rythme cardiaque d’un individu » jusqu’à une semaine avant l’apparition des premiers symptômes du Covid-19. L’étude – menée sur près de 300 professionnels de la santé portant une Apple Watch – s’est concentrée sur la variabilité du rythme cardiaque, à savoir la variation du temps entre chaque battement cardiaque, une mesure essentielle dans l’étude du fonctionnement du système immunitaire d’une personne.

Lors d’une interview accordée à CBS News, l’un des chercheurs de l’étude, Rob Hirten, professeur en médecine, a expliqué que « notre objectif était d’utiliser des outils pour identifier les infections au moment de l’infection ou avant que les gens sachent qu’ils étaient malades ». Il a poursuivi en précisant que ; « nous savions déjà que les marqueurs de variabilité de la fréquence cardiaque changent à mesure que l’inflammation se développe dans le corps, et le Covid est un événement incroyablement inflammatoire. Cela nous permet de prédire que les gens sont infectés avant même de le savoir. »

« À l’heure actuelle, nous comptons sur les gens qui disent qu’ils sont malades et qu’ils ne se sentent pas bien, mais le port d’une Apple Watch ne nécessite aucune intervention active de l’utilisateur et peut identifier les personnes qui pourraient être asymptomatiques. C’est un moyen de mieux contrôler les maladies infectieuses », a-t-il ajouté.

Un système d’alarme 

Une autre étude, menée par l’Université de Stanford en Californie, a abouti à des résultats similaires. Dans ce cas-ci, les chercheurs ne se sont pas concentrés sur l’Apple Watch, mais ont pris en compte plusieurs autres marques de montres connectées, notamment Fitbit et Garmin.

Les résultats de l’étude ont montré que ce type de wearables pouvait indiquer des changements de la fréquence cardiaque au repos « jusqu’à neuf jours et demi avant l’apparition des symptômes » chez les personnes porteuses du virus.

Les chercheurs de l’Université de Stanford ont développé un système d’alarme qui avertit les utilisateurs lorsque leur fréquence cardiaque est trop élevée pendant une période prolongée, indice d’une possible infection au coronavirus. Grâce à cette alarme, les personnes peuvent se mettre en quarantaine avant l’apparition des premiers symptômes et ainsi éviter la contamination d’autres individus.

Grâce à leur montre connectée, les chercheurs ont pu diagnositer près des deux tiers des cas de COVID-19 quatre à sept jours avant l’apparition des premiers symptômes.

Le professeur Michael Snyder de l’Université de Stanford a souligné combien l’utilisation de ce type de technologie était utile dans la lutte contre la propagation du coronavirus ; « le problème est que vous ne pouvez pas faire [de tests] sur les gens tout le temps, alors que ces appareils vous mesurent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ».

Selon les chercheurs, les technologies portables pourraient jouer un rôle essentiel pour endiguer la pandémie.