La juge de district américaine Yvonne Gonzalez Rogers a déclaré que la conduite d’Apple était anticoncurrentielle, mais a tout de même donné raison à Apple sur tous les autres points.

Les premières conclusions sont tombées ce 10 septembre 2021 dans un document constitué de 185 pages. 

Apple perd une bataille cruciale. 

Epic Games estime qu’Apple n’a pas le droit d’imposer son système de paiement, qui s’accompagne d’une commission de 30 à 15 %, aux développeurs d’application présents sur l’App Store. La justice américaine va dans le sens d’Epic. Le verdict stipule qu’Apple ne doit pas empêcher les développeurs d’applications de rediriger leurs utilisateurs vers d’autres systèmes de paiement quand ils souhaitent faire un achat intégré – comme acheter des vêtements pour les personnages de Fortnite. Cela doit prendre la forme d’un lien renvoyant l’internaute vers un site Web externe.

Début septembre, Apple avait annoncé qu’il autoriserait la présence de ces liens de redirection pour les applications de médias comme celles de Netflix, de Spotify, ou de celles des sites d’information. Une concession accordée pour solder un contentieux avec l’autorité japonaise de la concurrence. Mais elle excluait les applications de jeux vidéo qui, avec leurs microtransactions, sont de loin les plus lucratives de l’App Store. Désormais, tous les développeurs peuvent échapper aux commissions d’Apple. À moins que la firme ne fasse appel du jugement, ce qu’elle n’a pas annoncé.

Epic doit verser des millions de dollars à Apple.

La juge Yvonne Gonzales donne cependant tort à Epic Games pour les autres points qu’il a soulevé durant le procès. Non, Apple n’est pas en position de monopole sur le marché retenu par la justice, qui est celui des transactions dans les jeux vidéo sur mobiles. Le tribunal confirme ce qui nous savons depuis longtemps : “l’App Store ne viole pas les lois antitrusts. Le tribunal le reconnaît, le succès n’est pas illégal», commente le groupe américain.

Epic Games est également condamné à dédommager Apple pour ne pas avoir respecté son contrat. En août 2020, le studio avait introduit dans l’application iPhone de son jeu Fortnite une mise à jour faisant apparaître le système de paiement d’Epic Games au sein même du jeu. Une pratique interdite par Apple, et qui s’était soldée par la suppression de Fortnite de l’AppStore. Pour cette violation de contrat, Epic doit verser à Apple des dizaines de millions de dollars.

Contre toute attente, ce jugement ne satisfait pas du tout le CEO d’Epic. Sur Twitter, il affirme que « Fortnite ne retournera sur l’App Store que quand Epic pourra proposer de manière équitable son système de paiement face à celui d’Apple ». Il estime que les systèmes de paiement alternatifs doivent figurer au sein même des applications, et non être présents sous forme d’un lien renvoyant vers un site externe – une manœuvre qui risque de décourager les consommateurs. Epic compte faire appel de cette décision.