Retour sur 5 des événements les plus importants de l’histoire de la WWDC.

En près de 40 ans d’histoire, la WorldWide Developers Conference nous aura réservé de nombreuses surprises. D’un premier événement tenu secret en 1983 à une conférence entièrement numérique en 2020, en passant par l’annonce d’iCloud en 2011, la WWDC aura souvent été l’occasion pour Apple de dévoiler de nouveaux produits, services et systèmes d’exploitation.

1997 : le retour de Steve Jobs chez Apple

Si la WWDC existait depuis 1983 et, officiellement, dès 1987, ce n’est qu’à partir du retour de Steve Jobs chez Apple qu’elle a commencé à prendre de l’envergure et à devenir un événement attendu par tous. S’il ne reprit pas tout de suite son poste de PDG au profit d’un simple rôle de consultant, Steve Jobs sentait bien que son retour dans son entreprise serait bénéfique à celle-ci à de nombreux niveaux.

Pour son retour, Steve Jobs mis les plats dans les grands, et basa en grande partie sa conférence sur une longue session de questions/réponses entre les journalistes et lui. Tous les thèmes pouvaient être abordés, tant que les questions concernent Apple et son futur. Un futur qui serait évidemment de bon augure pour Apple puisque Steve Jobs permettra à l’entreprise de devenir l’une des plus cotées en bourse.

En rapatriant Steve Jobs, Apple fit également l’acquisition de son entreprise d’informatique NeXT. Cela permettra alors d’intégrer OpenStep, le langage de programmation de NeXTSTEP, à macOS X. Si l’on était encore loin de voir macOS X débarquer sur les ordinateurs pommés, ce sera malgré tout l’amorce du développement du nouveau système d’exploitation des Mac.

2005 : l’abandon des microprocesseurs PowerPC au profit d’Intel

Avant de proposer son propre microprocesseur sur ses Mac, Apple aura multiplié les partenariats avec de nombreux constructeurs. A leurs débuts, les Macintosh tournaient grâce à une puce 68K fournie par Motorola. Dans les années 1990, Apple a progressivement délaissé ces microprocesseurs au profit des PowerPC, créés conjointement par Apple, IBM et Freescale.

Cependant, au début des années 2000, Steve Jobs juge ces microprocesseurs bien trop lents et souhaite remplacer l’architecture des Mac, jugée vieillissante à l’époque. De plus, Apple ayant présenté ses premiers Mac G5 deux ans plus tôt et souhaitant les intégrer à ses ordinateurs portables, un changement de microprocesseur s’imposait.

C’est ainsi que Steve Jobs présentera, en juin 2005, le nouveau partenariat établi entre Apple et Intel. Une transition se ferait durant un an, au bout duquel tous les ordinateurs pommés embarqueraient un microprocesseur estampillé Intel. Le nouveau CPU proposé par la marque permettait alors un rapport performance par watt cinq fois supérieur à celui des CPU PowerPC. 15 ans plus tard, Intel sera balayé d’un revers de la main par Tim Cook lors de la WWDC 2020.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les processeurs PowerPC n’ont pas intégré uniquement les Mac. En effet, on pouvait également retrouver ces processeurs ainsi que des dérivés dans de nombreuses consoles de jeu, comme la Pipp!n, la Gamecube, la Wii U ou encore les Playstation 3 et Xbox 360.

2011 : la dernière keynote de Steve Jobs

Durant les 7 dernières années de sa vie, Steve Jobs se sera ardemment battu contre un grave cancer du pancréas. Une maladie grave, qui aura finalement raison de lui le 5 octobre 2011, date de sa disparition.

Les derniers mois de sa vie, Jobs enchaînera les congés, et ce, afin de se reposer et d’affronter sa maladie loin du cirque médiatique qu’entraîne Apple. Le 17 janvier 2011, l’homme de Cupertino prendra un dernier congé “à durée indéterminée”. Il fera néanmoins une toute dernière apparition officielle en public en juin 2011, dans le cadre de la WWDC. L’homme apparaîtra terriblement amaigri et affaibli, même s’il gardera la présence qu’est la sienne sur scène.

Cette édition de la WWDC sera également l’occasion pour Steve Jobs de présenter les nouvelles itérations de macOS et d’iOS, macOS X Lion et iOS 5, tandis qu’iCloud était officiellement rendu disponible en bêta. Deux mois plus tard, le 24 août, Steve Jobs annoncera sa démission de l’entreprise qu’il a cofondée, entraînant alors une chute de l’action AAPL de 5%.

2012 : le fiasco Apple Plans

A la sortie de l’iPhone en 2007, Apple présentera Plans, son application de cartographie basée sur Google Maps. Une dépendance qui ne convenait très certainement pas à Apple, qui souhaitait, comme toujours, s’affranchir de tout partenariat qui jouerait en sa défaveur. C’est pourquoi, lors de la WWDC 2012, Tim Cook présentera officiellement son propre service de cartographie, toujours dénommé Plans, mais entièrement conçu par Apple.

L’annonce du “nouveau” Plans sera très bien reçue par la presse spécialisée et le public, désireux de s’essayer à cette nouvelle fonctionnalité d’iOS 6. A la WWDC 2012, Scott Forstall, concepteur de l’application et ami de Steve Jobs depuis NeXT, présentera celle-ci comme une révolution, qui fonctionnerait parfaitement sur l’ensemble des appareils Apple. Malheureusement, le résultat sera tout autre puisque la sortie chaotique de Plans précipitera le départ de Forstall d’Apple.

A sa sortie, Plans sera un désastre. De nombreux lieux sont terriblement mal cartographiés tandis que le manque de détails était criant. De plus, nombreux furent les utilisateurs à la critiquer pour son manque de fonctionnalités par rapport à Google Maps, puisqu’il était par exemple impossible d’utiliser l’application comme un GPS ou de bénéficier d’un service similaire à Street View.

2020 : Apple met fin à 15 ans de partenariat avec Intel

La WorldWide Developers Conference de 2020 aura été marquante dans l’histoire d’Apple à plus d’un titre. S’il s’agissait de la toute première fois que celle-ci se tenait entièrement en ligne, sans la présence de journalistes en raison de la pandémie de coronavirus, cette conférence sera également l’annonce de la fin d’une collaboration vieille de 15 ans entre Apple et Intel.

Depuis de nombreuses années, Apple concevait ses propres processeurs en interne pour ses iPhone, iPad, iPod et Apple Watch. Même le Newton bénéficiait d’un processeur à architecture ARM. Restaient alors les Mac, terribles irréductibles, qui continuaient à embarquer un processeur conçu par le géant Intel … jusqu’à 2020.

En effet, le 22 juin 2020, Tim Cook annonce, devant plus de 22 millions d’internautes, qu’Apple met fin à sa collaboration avec Intel afin de concevoir ses propres microprocesseurs pour Mac, les Apple Silicon M1. La transition se ferait alors dans les deux ans et permettra d’équiper tous les ordinateurs pommés. Passer à des microprocesseurs à architecture ARM permet ainsi de fortes augmentations de performances et une consommation d’énergie amoindrie par rapport aux Intel. L’entreprise américaine prendra d’ailleurs cette fin de collaboration comme un affront, n’hésitant pas, dès qu’elle le peut dans une publicité, de dénigrer les puces M1 au profit des siennes.