Une ONG américaine attaque Apple en justice pour le forcer à supprimer Telegram de sa boutique d’applications.

La firme de Cupertino fait l’objet d’une nouvelle plainte. Cette fois-ci, il n’est pas question de nouvelles accusations concernant l’un de ses produits, mais plutôt de la présence de l’application Telegram sur l’App Store. Selon l’organisation à but non lucratif Coalition for a Safer Web, l’application de messagerie est dangereuse et ne devrait pas être proposée sur la boutique d’Apple.

À travers une plainte déposée devant le tribunal de district des États-Unis pour la Californie du Nord, l’ONG souhaite forcer Apple à retirer l’application de l’App Store, comme l’entreprise à la pomme l’a fait pour Parler. La disparition inopinée du réseau social chéri par les républicains américains, Parler, a poussé les partisans de Trump à se réunir sur d’autres plateformes, dont Telegram. Or, selon l’ONG, l’application de messagerie servirait aujourd’hui à la diffusion de messages extrémistes. Elle serait une plaque tournante pour des conversations de « suprémacistes blancs, néonazis et autres contenus haineux » ce qui mettrait Telegram en infraction par rapport aux conditions de service de l’App Store.

Difficile de savoir si la plainte de l’ONG pourrait aboutir, mais cela pourrait tout de même pousser la firme américaine à lancer une enquête sur Telegram. Contrairement à Parler qui était un réseau social, Telegram est une application de messagerie, et ce, même si l’app dispose de groupes publics. De plus, sur le fond, les deux sont très différents puisque Telegram dispose déjà de plusieurs outils de modération, contrairement à Parler qui misait justement sur une liberté d’expression extrême.

Le fondateur de Telegram a d’ailleurs rappelé que les appels à la violence n’avaient pas leur place sur son app. Plusieurs canaux problématiques ont déjà été supprimés de Telegram grâce aux modérateurs. Il y a donc peu de chance pour que l’application de messagerie soit retirée de l’App Store au même titre que Parler puisque, même s’ils semblent loin d’être suffisant, l’app dispose d’outils de modération.

Apple pourrait tout de même mettre la pression aux développeurs pour renforcer ses outils et l’encadrement des messages envoyés publiquement sur la plateforme. En revanche, pour ce qui est des conversations privées, la modération devrait être difficile.

Si la démarche de l’ONG Coalition for a Safer Web vise Apple, cette dernière prévoit également de s’attaquer à Google pour que ce dernier retire l’application du Google Play.