Le piratage du smartphone a eu lieu dans le cadre d’une enquête.

La firme californienne a fait l’objet de nombreuses critiques vis-à-vis de son manque de collaboration avec l’agence fédérale. À plusieurs reprises, le FBI a demandé de l’aide à Apple pour accéder au contenu d’iPhone appartenant à des criminels. Des demandes auxquelles la Pomme a en partie répondues, partageant certaines données à l’agence fédérale, mais Apple a toujours refusé de mettre en place une porte dérobée dans son système d’exploitation afin de faciliter le travail au FBI.

Un manque de collaboration qui passe mal chez certains, notamment auprès du président américain qui s’est exprimé sur le sujet. Mais si Apple ne collabore pas à 100% avec le FBI, celui-ci n’est pas non plus sans ressources.

Plusieurs entreprises d’informatique issus du marché “gris” – à la frontière entre le marché “légal” et le marché noir – se sont spécialisées dans le piratage de smartphones, notamment d’iPhone. Ces dernières travaillent exclusivement avec des autorités ou représentant d’autorités.

Un boitier de piratage

Dans le cadre d’une enquête, le FBI est parvenu à forcer le verrouillage d’un iPhone 11 Pro appartenant à un suspect, et ce, sans l’aide d’Apple, rapporte 9to5mac. Pour y parvenir, l’agence fédérale s’est tournée vers Grayshift, une société d’informatique fondée par un ancien employé d’Apple, et son boitier GrayKey, un appareil facturé 30.000 dollars.

Jusqu’à présent, le boitier GrayKey ne permettait que de pirater des smartphones sous iOS 12 ou une version ultérieure. Le fait que le hardware mis au point par Grayshitf ait permis de déverrouiller un iPhone 11 Pro sous iOS 13 est donc un véritable exploit. Évidemment, la société garde le fonctionnement de son boitier totalement secret. De son côté, Apple tente de corriger les potentielles failles exploitées par Grayshift.

Pourquoi demander de l’aide à Apple ? 

Si les sociétés spécialisées arrivent à mettre au point des technologies qui permettent d’accéder au contenu d’iPhone verrouillés et collaborent avec le FBI, pourquoi l’agence fédérale demande-t-elle toujours de l’aide à Apple ? Ce n’est pas la première fois qu’un acteur issu du marché gris vient en aide au FBI dans le cadre du déverrouillage d’un iPhone, ce n’est donc pas nouveau, mais cela coûte cher à l’agence.

Forcer Apple à introduire une porte dérobée dans son système d’exploitation ou mettre au point et à disposition un outil qui permettrait d’accéder aux données des iPhone faciliterait grandement le travail des autorités dans le cadre d’enquêtes. Cela leur permettrait aussi de faire des économies.

Mais pour Apple, mettre en place une porte dérobée reviendrait à mettre en péril la confidentialité et la sécurité de son écosystème. De plus, si la firme californienne venait à céder à la pression, cela pourrait créer un précédent à valeur de jurisprudence. Le gouvernement américain pourrait alors accéder aux iPhone de n’importe quel suspect sans filet.