Les utilisations des emojis posent de plus en plus de problèmes pour les cours de justice aux États-Unis.

L’utilisation en hausse des emojis dans la vie de tous les jours pose des problèmes au sein du système juridique américain. Les tribunaux ont du mal à définir la manière d’interpréter l’iconographie derrière chaque émoticône. Cela est d’autant plus compliqué lorsque les emojis peuvent même être retenus comme preuve dans certains dossiers judiciaires.

Les emojis se manifestent dans pratiquement tous les domaines d’activité, car ils apparaissent dans tous les types de communication en ligne“, a déclaré Eric Goldman, professeur de droit à l’Université de Santa Clara.

Goldman explique que les affaires les plus courantes où les emojis apparaissent sont des cas de prédateur sexuel, de discrimination ou de harcèlement.

De manière plus générale, le nombre d’avis de la cour faisant référence à des emojis est en hausse d’environ 30%. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces icônes graphiques sont rarement considérées lors des jugements et des délibérations de justice.

Les jugements omettent systématiquement les emojis, ou le juge qualifie de manière imprécise les émoticônes en tant que preuve“, affirme Goldman. Celui-ci fait remarquer que le “système de justice manque terriblement de préparation” tandis que leur utilisation ne fait qu’augmenter.

La question de l’interprétation de ces symboles fait débat et il n’est pas rare que cela pose problème.

Déterminer comment répartir la responsabilité lorsque les deux parties prenantes font des interprétations raisonnables, mais différentes du même symbole conduira à de nombreux résultats insatisfaisants” ajoute Goldman.

Une autre difficulté réside dans le fait que les emojis sont différents selon les systèmes d’exploitation ou d’une application à une autre. Cela peut donc mener à situation où une icône graphique peut donc être différente entre celle envoyée et celle reçue.

Alors que les utilisateurs d’Android peuvent voir un visage montrant les dents, sans animosités, les utilisateurs d’iOS peuvent y voir un tout autre visage. Cela peut même amener à montrer un smiley en colère et ainsi conduire à une signification complètement différente.

Une étude faite par Eric Goldman a d’ailleurs montré qu’au moins 25% des personnes qui y ont répondu “n’étaient pas au courant que les emojis envoyés pourraient apparaître différemment à leur destinataire“. Une personne sur cinq a même avoué qu’elle aurait alors fait différemment, ou même carrément n’envoyer aucun message, si cela avait été à leur connaissance.