Google a annoncé une nouvelle tablette, dans sa gamme Pixel. Habituellement sous Chrome OS, cette tablette fait le choix d’intégrer Android dans ses composants haut de gamme. Pari réussi ou produit bancal ? La réponse dans notre test.

© Arnaud Laurent
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Google a sorti une nouvelle tablette, un événement. Habituellement sous la marque Nexus, celle-ci est la première à porter le patronyme “Pixel”, dédié au matériel haut de gamme (équipé de Chrome OS). Un positionnement différent pour un produit qu’il l’est aussi. La tendance est actuellement aux tablettes productives. Initiée avec la Surface pro et Microsoft et suivie par l’iPad Pro d’Apple, la tablette Android suit le même chemin avec un positionnement purement mobile. En effet, la tablette est équipée d’Android, qui tient dans un format assez petit, puisque l’écran n’affiche “que” 10,2 pouces de diagonale. Un pari plutôt surprenant, quand on voit que la tendance est aux grands écrans. Nous l’avons testée, face à des iPad qui manquent d’ambition et des Microsoft Surface qui manquent encore d’un écosystème complet.

Un bel objet

La première chose qui surprend avec cette Pixel C, c’est sa qualité de fabrication. Alors que les tablettes Android ont souvent une image plutôt cheap, celle-ci fait dans l’aluminium et le verre, pour un résultat extrêmement réussi. La qualité de fabrication est à la hauteur de celle des produits Apple, avec un aluminium qui paraît même plus dense et, donc, plus solide. Pensée pour le format paysage, les boutons s’articulent autour du cadre de manière assez logique, tout tombe directement sous le doigt.

On retrouve un port USB-C (recharge et transfert de données), un baffle et les boutons de volume sur la tranche gauche, le bouton d’allumage sur la tranche supérieur et un port jack ainsi qu’un second baffle sur la tranche droite. Et c’est tout. Google fait dans le minimalisme au niveau de la connexion, et c’est tant mieux. Le choix du port USB-C est plutôt judicieux, il permet le transfert de données, mais aussi la recharge. Le dos de l’appareil est un modèle de sobriété, on y retrouve aucune inscription, un appareil photo se la joue solitaire, à côté d’une fine barre de LED, qui fait à la fois office de témoin de batterie et de logo lumineux (à l’instar des Mac). Cette petite barre LED ajoute un peu de couleur à un design peut-être un peu trop sobre.

© Arnaud Laurent
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La tablette est légère en main, et elle est plutôt bien équilibrée. Elle affiche 517 grammes sur la balance, soit une petite centaine de grammes en plus qu’un iPad Air 2. Rien de dérangeant, les deux tablettes sont légères, et la différence n’est perceptible que si l’on y prête attention. Les choses se corsent un peu si l’on ajoute le clavier (en option) de la Pixel C. Ce dernier pèse à lui seul 399 grammes, ce qui porte le poids total de la tablette à 916 grammes… Soit le poids d’un nouveau MacBook. C’est plutôt lourd, et on le sentira dans un sac, c’est un peu dommage pour une tablette. Mais après tout, les Surface de Microsoft sont assez lourdes et l’iPad Pro, avec son clavier, dépasse de peu le kilo.

Le test de la Pixel C est à lire sur Belgium-iPhone !

Une vidéo publiée par belgiumiphone (@belgiumiphone) le

En parlant du clavier, il s’intègre parfaitement au design de la Pixel C, à tel point que les deux produits ne font qu’un une fois assemblé. Le clavier se fixe (littéralement) à la tablette avec un système d’aimant – très – puissant. Le mécanisme est un peu complexe à appréhender lors de la première utilisation, mais une fois passé ce cap, la manipulation devient assez naturelle. Le clavier est plutôt bon, les touches sont bien disposées et assez grandes pour pouvoir s’en servir comme clavier principal. Si vous êtes habitués aux nouveaux claviers des Mac, la course des touches sera un peu longue, donnant l’impression de revenir à d’anciens claviers. Si vous êtes habitués à des claviers plus traditionnels, aucun souci.

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La tablette une fois repliée sur le clavier. – © Arnaud Laurent

La liaison se fait en Bluetooth, le clavier est alimenté avec un système d’induction plutôt efficace. Rien à brancher, ni de connecteur à aligner, le résultat est plutôt bon. Ce clavier permet aussi d’incliner l’écran de la tablette à votre guise, ce qui ridiculisera le Smart Keyboard de l’iPad Pro en quelques secondes. Le mécanisme est assez résistant, et couplé à la puissance des aimants, on se retrouve face un objet qui ne donne pas l’impression d’être bancal et menace de tomber à tout moment. La Pixel C et son clavier sont solides et donnent une impression de fiabilité franchement appréciable.

Un très bon écran et une batterie classique

Une fois passée l’étape du design vient celle du premier contact avec l’interface. On reviendra sur Android un peu plus tard dans le test. Ici, c’est l’écran qui nous intéresse. Point central pour une tablette, celui de la Pixel C est assez impressionnant. On est habitués aux écrans Retina d’Apple, celui de l’iPad Air 2 est d’ailleurs un des meilleurs que l’on ait pu voir sur le marché. La Pixel C n’a absolument rien à envier à l’iPad. La résolution de 308ppi (2560 x 1800) rend vraiment bien, avec des couleurs justes et vives, et des angles de vues quasi parfaits. C’est d’ailleurs un des premiers arguments de la Pixel C, et c’en est un bon.

© Arnaud Laurent
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Le ratio utilisé par l’écran est celui des feuilles A4 (1:√2), il est assez naturel au regard et adapté à l’usage qu’on peut avoir d’une tablette. Que ce soit pour la navigation web ou pour les applications, ce ratio a fait ses preuves. Il est d’ailleurs assez proche de celui utilisé par Apple pour l’iPad.

Concernant la batterie, rien de particulier a signaler. L’autonomie est de quelques jours en usages légers, et une journée complète en usage principal. La recharge complète s’effectue en 2h30 environ. Le clavier profite directement de la batterie de la tablette, mais le Bluetooth étant finalement peu énergivore, l’impact est quasiment nul sur l’autonomie.

Les performances sont excellentes, la tablette n’a montré aucun signe de ralentissement en usage courant, que ce soit dans la fluidité de l’interface ou dans l’ouverture des applications.

Une tablette Android…

Si jusque là, la Pixel C signe un quasi-sans-faute, l’histoire se complique un peu au moment de l’utilisation. La Pixel “reste” une tablette Android, un OS avant tout pensé pour les smartphones, et qui a connu quelques difficultés pour s’adapter aux grands-écrans. Le système fonctionne globalement bien en utilisation normale. Mais la tablette a été pensée au format paysage, et certaines applications ne s’affichent pas à l’horizontale et reste obstinément bloquée au format verticale. Si vous utilisez le clavier à ce moment là, il faudra détacher la tablette pour pouvoir utiliser l’application. Cela crée une frustration dont on se serait bien passé. D’autres applications s’étirent à l’extrême pour en arriver à laisser un écran vide.

Le nombre d’applications réellement adaptées est assez réduit. On prendra l’exemple d’Evernote qui est adaptée aux grands-écrans sous Android, exactement comme la version iPad. À l’opposé, des applications très courantes ne sont pas optimisées, comme Facebook Messenger qui se contentera d’afficher une version étirée de l’application smartphone.

L'application Evernote. - © DR
L’application Evernote. – © DR
L'application Messenger. - © DR
L’application Messenger. – © DR

 

Mais il n’y a pas que des inconvénients à l’OS de Google. Il permet plus de flexibilité sur la gestion des fichiers (le port USB-C permet même de brancher une clé USB) et est globalement plus libre dans son fonctionnement. On prendra l’exemple des widgets sur l’écran d’accueil, plutôt bien adaptés à ce format d’écran, là où un iPad se contente d’afficher quelques icônes trop espacées.

Avantage ou inconvénient, la Pixel C est – logiquement – hors de l’écosystème d’Apple. Cela veut dire que la synchronisation avec Pages, les iMessages, FaceTime et toute la tribu de service web de la pomme ne fonctionnera pas sur la tablette. Cela permet de sortir un peu de cet écosystème, sans être dérangé par les messages ou autre. Mais des solutions existent pour les messageries (Messenger, Whatsapp) pour la productivité (Evernote, Microsoft Office) et de toute façon, il y a fort à parier que votre iPhone ne soit jamais bien loin. S’il s’agit d’un inconvénient sur le papier, il se révèle parfois inexistant à l’usage, et peu même se transformer en avantage.

© Arnaud Laurent
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Google positionne sa tablette comme … une tablette. Là où Apple y voit un remplaçant de l’ordinateur, où Microsoft y intègre un ordinateur complet, Google reste dans l’optique d’un appareil secondaire, qui fait plus office d’ordinateur d’appoint que d’ordinateur principal. Et c’est l’approche qui semble le mieux fonctionner. La Pixel C est excellente pour la prise de note, la productivité rapide, ou pour des usages un peu plus légers comme la consultation des réseaux sociaux au fond d’un canapé. La Pixel sera moins à l’aise comme machine principale au bureau où la Microsoft Surface excelle et comme outil de production artistique où l’iPad Pro semble déjà s’être posé comme un standard.

La Pixel est vendue à 499€ en version 32Go, 599€ pour la version 64Go. Le clavier Bluetooth (donc nous vous conseillons chaudement l’achat si vous achetez la tablette, tant les produits semblent complémentaires) est facturé à 169€. C’est cher, c’est d’ailleurs le même prix que le Smart Keyboard d’Apple, mais le prix nous semble moins prohibitif, avec sa fabrication en métal, sa batterie intégrée et sa connexion sans fil. Le rapport qualité-prix est plutôt bon, et le prix est surtout bien inférieur à la concurrence, il faut généralement compter 1000€ pour une Surface ou un iPad Pro, qui ne joue clairement pas dans la même catégorie.

Il s’agit clairement de la meilleure tablette Android sur le marché, et c’est tout à son honneur. Mais Android accuse encore un retard trop important dans sa version tablette pour être à la hauteur d’iOS ou Windows 10. Cependant, le matériel étant excellent, on ne peut qu’espérer que Google mette le pied à l’étrier pour sortir des mises à jour de son OS pour l’adapter aux tablettes. Et comme il s’agit d’un produit Google, vous avez au moins la certitude de profiter des mises à jour au moment de leur sortie.