La nouvelle génération d’Apple TV est en vente depuis vendredi. Refonte complète de l’OS, nouvelle télécommande, App Store ambitieux, Apple semble vouloir passer à la vitesse supérieure sur nos téléviseurs. Paris réussi ou produit bancal ? La réponse dans notre test.

© Arnaud Laurent
© Arnaud Laurent

Le 9 septembre, en tambours et trompettes, entre un iPhone 6s blockbuster et un iPad Pro étonnant, Apple a donné naissance à la nouvelle génération d’Apple TV. Les générations précédentes étaient plutôt correctes, sans être exceptionnelles, elles faisaient le job et étaient appréciées du public. Mais cette nouvelle génération signe l’arrivée d’une plus grande ambition. Après des mois de rumeurs, l’App Store a fini par débarquer sur nos télévisions, Siri aussi (je reviendrai sur ce point un peu plus loin dans le test). On le sent, cette Apple TV n’est pas là pour faire évoluer simplement la gamme, mais pour la bousculer en profondeur.

La télécommande, un tout nouveau produit

C’est certainement la première chose que vous verrez avec ce nouveau modèle, c’est son tout nouveau design de télécommande. On ne s’attardera pas sur le design du boîtier en lui-même, qui se contente d’un gros carré noir un peu lourd, surtout dessiné pour se faire oublier. Et c’est ce qu’on lui demande.

Mais revenons à la télécommande. L’ancienne “remote” était entièrement en métal, munie de deux boutons visibles, et d’un cercle cliquable. La nouvelle version perd un peu en minimalisme pour passer à six boutons visibles, et un trackpad cliquable. La face avant est noire, en deux parties : le haut est en verre poli, c’est la partie trackpad, plutôt douce au touché, c’est la même sensation qu’un trackpad de Mac. L’autre partie est en verre “lisse”, elle se fera un plaisir de garder vos traces de doigts visibles à tous.

© Arnaud Laurent
© Arnaud Laurent

La télécommande tient bien en main, elle est petite, mais un peu plus massive que l’ancienne génération, ce qui lui permet d’avoir une préhension plus naturelle.

Des six boutons présents, vous en trouverez un double pour le réglage du volume, réglage qui impactera directement le son de la télévision ou des enceintes, un bon point. On retrouve également un bouton “play/pause”, qui ne fera pas d’énigme sur sa fonction. Au dessus de ce bouton, on retrouve la touche dédiée à Siri, il faudra la maintenir appuyée pendant que vous parlez.

Ensuite, les deux boutons de la partie supérieurs sont dédiés à la navigation : un bouton “menu” et un bouton d’accès direct à l’écran d’accueil. Le fonctionnement est un peu particulier, le bouton de gauche fait office de bouton de retour, celui de droite de bouton “Home”, rien de bien extravagant, mais c’est un peu exotique quand on est habitué à l’univers iOS.

La “remote” fonctionne maintenant sur batterie, Apple promet environ 2 mois d’autonomie. Quand le temps sera venu, il suffira de la brancher en Lightning (avec un câble fourni). Après un weekend d’utilisation normale, la télécommande affichait toujours une autonomie quasi complète. Cela ne devrait donc pas poser problème.

On émettra une réserve quant à la solidité de cette télécommande, faite de verre et de métal, elle devrait avoir un peu de mal à résister aux enfants nerveux ou aux adultes maladroits (et inversement). L’ancienne génération avait une meilleure impression de solidité.

tvOS, le grand changement

Le grand chantier est surtout à voir du côté logiciel, si l’OS conserve les bases visuelles des anciennes versions de l’Apple TV, tout le reste a changé. On retrouve toujours cette grille d’applications aux icônes rectangles, mais les visuels sont beaucoup plus travaillés, on retrouve, par exemple, un effet de juxtaposition sur les icônes, qui lui donne un effet “3D” lorsque vous passez dessus avec votre doigt. L’effet est très accessoire, mais participe à ces détails qui donnent un côté bien plus abouti à cette version par rapport aux anciennes.

© Arnaud Laurent
© Arnaud Laurent

Les couleurs ont également changé, tout est plus clair, plus coloré, l’interface est plus vivante et plus conviviale. Cependant, qui dit interface plus claire, dit interface émettant plus de lumière. Si vous regardez vos films dans le noir, vous serez sans doute un peu gêné par cette interface, mais rien de bien grave.

La navigation se fait maintenant à l’aide d’un trackpad, bien plus naturel. Beaucoup moins conventionnel aussi. En effet, sur les télévisions, on est plus habitués aux flèches directionnelles qu’au tactile. Globalement, on y gagne réellement en ergonomie, les déplacements sont plus naturels, même s’il faut quelques minutes pour s’y faire.

Concernant Siri, une des principales nouveautés de tvOS, il n’est pas disponible en Belgique. Nous avons publié une astuce assez simple pour l’activer, mais il n’est toujours pas totalement fonctionnel. La recherche ne fonctionne pas, si vous demandez à Siri “montre-moi une comédie”, il vous indiquera que la fonction n’est pas disponible. Cependant, toutes les fonctions “locales” sont actives, comme la météo, ou l’ouverture d’applications. Pour l’instant, Siri n’est pas compatible avec Apple Music, mais la pomme a précisé que cela arrivera au tout début de l’année 2016. Surement via une mise à jour. Il n’y a plus qu’à espérer que Siri arrive complètement en Belgique d’ici peu.

Globalement, la navigation et l’utilisation ont été améliorées. Par exemple, lorsque vous regardez un film; il suffira de balayer vers le bas pour avoir accès aux changements de langue, plutôt qu’un appui long. En fait, la majorité des actions ont été remplacées par des gestes simples. On rentre un peu plus dans la logique d’iOS, l’interface est plus cohérente avec le reste de l’écosystème d’Apple.

Il s’agit surtout de ça : harmoniser l’interface de l’Apple TV, tout en gardant les spécificités du grand écran. Le résultat du logiciel est plutôt réussi, franchement agréable. Le seul point noir de l’OS est plutôt anecdotique, mais franchement agaçant : le clavier. Pas de miracle, avec une si petite télécommande, la seule solution est de sélectionner les lettres une part une. Lors des premières configurations, où il faut entrer plusieurs fois son mot de passe, on peut frôler la crise de nerfs.

L’App Store, désormais incontournable

Autre point incontournable, l’App Store est une réelle nouveauté sur l’Apple TV. Avec plusieurs jeux, quelques applications pratiques, il est encore embryonnaire, mais promis à un bel avenir si la mayonnaise monte. On retrouve trois grandes catégories d’applications : les jeux, les multimédias et le «reste».

Commençons par la seconde, les applications multimédias étaient déjà présentes avant, on retrouve les classiques comme YouTube, Netflix, Flickr, Vimeo, Dailymotion… Même si elles étaient déjà existantes sur l’Apple TV, toutes les applications ont été revues pour coller aux nouvelles exigences d’Apple. Le résultat est plus joli, plus abouti, plus mieux. L’application de Netflix reprendre le nouveau design du site web, avec des adaptations. En fait, les développeurs ont maintenant un peu plus de libertés au niveau de l’interface et ainsi garantir une meilleure cohérence entre les plateformes.

Concernant les jeux, la surprise est plutôt bonne. On retrouve quelques best-sellers comme Crossy Road, l’excellentissime Badland, Asphalt 8 ou Edge Extended… des jeux qu’il ne faudra pas racheter si vous les possédez déjà sur votre iPad ou votre iPhone. Les contrôles sont adaptés, et pourront même surprendre comme dans “Beat Sports” ou l’Apple TV fait carrément office de Wii. Comme la télécommande est équipée d’accéléromètre, vous pourrez jouer au tennis avec la télécommande de l’Apple TV, comme sur une Wii. Le graphisme des jeux est bon, on est loin des performances de la PlayStation 4 ou de la Xbox One, mais c’est largement suffisant pour du “casual gaming”, et franchement acceptable. Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de tester la manette de jeux SteelSeries Nimbus, vendue en Apple Store.

Sport Beat © Arnaud Laurent
Beat Sports © Arnaud Laurent

Pour résumer, l’Apple TV est aux consoles de salon ce que l’iPhone est aux consoles portables, pas vraiment concurrent, mais suffisant pour les joueurs occasionnels, avec des performances plutôt impressionnantes pour ce genre de produit.

L’intégration d’Apple Music

Le service de streaming musical d’Apple est bien mis en avant dans son mediacenter, chose plutôt attendue. L’interface présente sur l’Apple TV reprend la logique de son pendant iOS et OS X (iTunes).

© Arnaud Laurent
© Arnaud Laurent

Même si la fonction est anecdotique, elle sera assez sympathique pour une soirée, pour recevoir des amis ou simplement pour avoir un accès un peu plus “visuel” à la musique. L’Apple TV est capable de se connecter à des écouteurs ou des enceintes Bluetooth, et de sélectionner la sortie audio automatiquement.

À noter qu’Apple a supprimé la sortie audio optique de son boîtier. Même si cette connectique est de moins en moins répandue, sa perte est déplorable.

Le dos de l'Apple TV, avec son port ethernet, son port HDMI, USB-C et son alimentation. © Arnaud Laurent
Le dos de l’Apple TV, avec son port ethernet, son port HDMI, USB-C et son alimentation. © Arnaud Laurent

La nouvelle Apple TV est bon compromis

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle génération d’Apple TV se veut plutôt convaincante. Le prix de 179€ en version 32Go (229€ en 64Go) se veut un peu élevé, mais finalement raisonnable, du moins pour un produit Apple.

On apprécie la nouvelle interface et cette télécommande plutôt pratique. L’App Store, lui, marque un véritable tournant dans l’histoire d’Apple sur la télévision et fera sans doute gagner de l’ampleur au petit boîtier noir.

Le principal point négatif est endémique à la Belgique, avec l’absence d’un Siri fonctionnel, qui se veut pourtant être une pierre angulaire du produit.

On peut aussi se poser la question de l’utilité réelle du produit, qui pourra faire doublon si vous avez déjà un décodeur TV évolué et une console de jeux, mais la solution d’Apple a l’avantage de centraliser tout ça et d’offrir un produit performant avec une interface plus ergonomique que ce que l’on connaît ici en Belgique.

L’absence de la 4K est aussi dommage. Même si elle est peu utile dans l’absolu, elle le deviendra surement dans quelques années, auquel cas Apple ne manquera pas de sortir une Apple TV équipée de la 4K. Qu’il faudra donc acheter pour profiter de la qualité d’image. D’autant plus que l’iPhone 6s est capable de filmer en 4K et que les nouveaux iMac sont tous équipés d’écrans de ce type.

L’Apple TV n’est pas non plus exemptée de défauts de jeunesse, on remarque quelques lenteurs et quelques bugs, çà et là. Il n’y a plus qu’à espérer qu’Apple règle ces problèmes via des mises à jour.

À noter que la version 32Go sera suffisante pour beaucoup, l’Apple TV se prête surtout au streaming et aux données dans le Cloud (Photos, musiques…). Cependant, si vous êtes du genre à acheter systématiquement vos films et séries, ou à vouloir collectionner les jeux, il sera préférable d’opter pour la version 64Go, par sécurité.

Mais globalement, Apple livre un produit plutôt convaincant, avec un bon potentiel de développement. L’essentiel est là, l’Apple TV a bien évolué, et c’est peut-être même révolutionné. Le produit s’est développé sur les bases solides d’iOS et des anciens modèles d’Apple TV, pour un résultat franchement enthousiaste qui vient souffler un petit vent de fraîcheur dans l’univers toujours poussiéreux de la télévision.