Un étudiant bruxellois lance une nouvelle application mobile dont le but est de permettre à ses utilisateurs de se rencontrer dans la vraie vie. Un concept qui rappelle un autre qui a fait scandale aux États-Unis au début de l’année…

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Crédit photo : DR

Les applications mobiles dédiées aux réseaux sociaux n’en finissent pas de débarquer sur les plateformes App Store et Google Play. Certaines arrivent à sortir du lot, tandis que d’autres sont rapidement laissées pour compte… Mais vous savez ce que l’on dit : l’important, c’est d’entreprendre, quitte à se casser la gueule. Et si ça marche, c’est tant mieux ! Le Bruxellois Alex Faimali fait partie de ce genre de personnes. Il le prouve en effet aujourd’hui en lançant sa nouvelle application mobile. Baptisée YiHa, cette dernière vise à mettre en relation des personnes dans un rayon de 2 km. Comment? Le plus simplement possible : en partageant des messages qui pourront uniquement être lus par les utilisateurs de l’appli se trouvant dans ce rayon.

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Captures d’écran de l’application YiHa

L’application utilise la géolocalisation pour permettre aux utilisateurs d’avoir l’assurance d’être lu par des personnes se trouvant à proximité. Ces derniers peuvent d’ailleurs utiliser l’appli sans la pression sociale que l’on peut notamment retrouver sur Facebook. Ils peuvent ainsi véritablement se lâcher puisque c’est anonyme ! Ils peuvent publier par exemple leur ressenti par rapport à l’actualité ou à un concert auquel ils assistent, râler sur l’arrivée retardée de leur transport en commun, demander un conseil pour une recette, ou plus ouvertement chercher à nouer de nouvelles relations. Chaque commentaire peut d’ailleurs être “voté” par les utilisateurs. Les meilleurs commentaires pourront ainsi être mis en avant dans l’application dès son ouverture.

Messagerie privée prévue pour bientôt

Le jeune entrepreneur de 27 ans (étudiant à l’ULB) prévoit déjà des améliorations à venir dans son application, notamment celle qui va permettre aux utilisateurs de discuter sous la forme de messages privés à travers l’appli, mais toujours de manière anonyme. Libre aux utilisateurs de YiHa de divulguer leur identité s’ils le souhaitent. “Les utilisateurs pourront se révéler un peu, beaucoup ou plus si affinités”, nous indique-t-il.

Un concept qui rappelle un autre qui a fait scandale aux USA

Le concept de l’application YiHa rappelle celui de l’appli Yik Yak, dont certaines blagues publiées sont parfois allées un peu – voire beaucoup – trop loin. En mars, le site L’Express en listait plusieurs exemples:

– Une jeune étudiante à Atlanta qui, peu après une tentative de suicide, voit fleurir des messages qui l’incitent à ne pas se rater la prochaine fois (Business Insider);
– Une professeure d’université du Michigan harcelée sexuellement et insultée dans des dizaines de messages (The New York Times);
– Des menaces de fusillades (The Guardian);
– Des insultes racistes.

Cette appli a en fait rencontré les mêmes critiques que pour d’autres applis basées sur l’anonymat telles que Secret et Whisper. Étant donné qu’il n’y a pas de modération, tout le monde peut dire ce qu’il pense et les dérapages sont vite arrivés. Comme les internautes ne sont pas identifiés sur le réseau social, ils ont l’impression de pouvoir tout dire et d’être intouchables.

À noter toutefois que Yik Yak propose un “live feed” de messages publics là où la nouvelle appli “Made in Belgium” ambitionne de permettre à ses utilisateurs de se rencontrer réellement dans la vraie vie. “YiHa coupe l’herbe sous le pied des américains dans la mesure où leur appli n’est ni disponible en Belgique, ni en France”, précise-t-il.

Testée dans deux unifs belges et lancée en grande pompe au festival de Dour

En test depuis le mois de juin sur les campus universitaires de l’ULB et de l’UCL, l’application YiHa est donc accessible à tous dès ce mercredi. Pour son lancement, le Bruxellois profite d’ailleurs du festival de Dour pour en faire sa promo auprès des festivaliers. Ces derniers ont la possibilité de recevoir un bracelet (numéroté entre 1 et 5.000) et sont invités à laisser un message de type “Au beau brun #1365 que j’ai vu devant le main stage, on se fume une petite clope ensemble?”. C’est ce que l’on pourrait appeler aussi une certaine forme de drague 3.0, et ce au même titre que Tinder et autres applis du genre, mais avec un côté anonyme nettement renforcé qui pourrait contribuer au succès de l’app.

Téléchargez gratuitement l’application YiHa sur l’App Store ou sur le Google Play.