Apple a dévoilé hier un brevet protégeant un système permettant de revendre ou louer ses bien numériques achetés légalement.

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A l’image des droits de propriétés sur les biens physiques classiques, il serait possible de rétrocéder légalement ses droits sur les biens numériques également.

Cette démarche, dévoilée par le site Tech Crunch, n’a rien d’impossible mais se heurte à plusieurs obstacles de taille comme par exemple, la gestion numérique complexe des droits.

Pour Cupertino, les utilisateurs devraient avoir le droit de revendre leurs fichiers immatériels sur les boutiques où ils ont étés achetés à l’origine. Une autre alternative pourrait être de se les échanger entre particuliers.

L’appareil utilisé (le Mac, PC, mobile,…) serait en mesure de déterminer si le document (livres, applications, albums, films,…) pourrait être revendu sur base de critères spécifiques. Par exemple, une maison de disques pourrait décider qu’un album ne peut être revendu avant un certain temps -certainement afin d’éviter le prolifération des copies. Le fichier serait également statué à un certain prix, et pas en dessous. De plus, un processus pourrait être mis en place afin de rémunérer au passage la boutique d’origine et/ou le producteur du contenu.

Enfin, une fois tous ces points éclaircis, l’utilisateur peut enfin revendre le fichier en rétrocédant son autorisation après la vente. Comme pour les biens physiques, le vendeur n’a plus accès au bien après l’avoir revendu.

Afin de permettre à un tel processus d’exister, il ne reste plus qu’à convaincre les maisons de disques, les éditeurs, les studios de cinéma,…. Bref, ce n’est pas pour demain.

Jusqu’à présent, on aurait pu se poser des questions quand aux droits de l’utilisateur sur iTunes. Qu’adviendra-t-il de vos contenus numériques achetés sur la plateforme au moment de votre décès ? Les conditions générales d’Apple demeurent floues, voir injustes, pour certaines personnes à ce sujet.

C’était notamment le cas de Bruce Willis qui réclamait des conditions d’utilisations claires afin de savoir si il pouvait transmettre son énorme bibliothèque iTunes à ses filles.

Des doutes quant à la viabilité du projet sont émis

Si au final, ce nouveau brevet dévoilé par Apple paraît être une bonne idée, la Rédac’ émet des doutes quand à la viabilité du projet d’Apple.

En effet, concernant les biens physiques, tout est clair : vous achetez un CD, vous en êtes le propriétaire et vous le revendez à vos conditions. Pour ce qui est des biens numériques, si l’on en croit le brevet de Cupertino, il serait nécessaire de se plier aux exigences des producteurs du fichier avant de pouvoir en disposer à sa guise. Beaucoup de restrictions pour un bien que l’utilisateur a acheté…. Cette démarche un peu farfelue pourrait en rebuter plus d’un.

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Au niveau de la viabilité du système, un autre point technique mais pourtant simple, dérange : quelle différence peut-on faire entre une chanson numérique écoutée 150 fois et une nouvelle ? L’utilisateur pourrait donc acheter un album d’occasion, et profiter de la qualité d’un neuf puisque le matériel numérique ne se détériore pas comme les biens physiques.

A terme qu’adviendrait-il des fichiers neufs ? Un bien numérique d’occasion possèderait tous les avantages sur ce dernier… Malgré tout cette information est évidemment à prendre avec des pincettes puisque Apple a pris pour habitude de déposer énormément de brevets, mais n’en a pas toujours l’utilité.

Qu’en pensez-vous ? Un système viable ou un projet voué à l’échec ?

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