Face aux services et applications de plus en plus élaborées, les SMS sont en perte de vitesse un peu partout dans le monde mais pas en Belgique.

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Le premier « Happy Christmas » n’était pas un vrai SMS puisqu’il n’a pas été transmis de GSM à GSM…Il a en effet été envoyé le 3 décembre 1992 par l’ordinateur de Neil Papworth, un employé d’une société de services en ingénierie informatique, à l’un de ses collègues. Il lui souhaitait un « Joyeux Noël » – un peu en avance sur le calendrier – via le réseau de Vodafone. C’était au tout tout début du GSM.

En Belgique, le GSM est apparu deux ans plus tard, en 1994 ; avec Proximus d’abord mais sans SMS. Mobistar a suivi en 1995 (sans SMS) et Orange (devenu Base par la suite) en 1999. Le premier SMS belge a été envoyé en 96 et c’était un Proxitext, un SMS préconfiguré. Mobistar a suivi en septembre 98. Mais l’envoi de SMS entre opérateurs n’est intervenu qu’en l’an 2000. C’est alors que ce service a réellement décollé. Depuis l’apparition des smartphones et de leurs applications gratuites comme WhatsApp, Viber, Skype, Facebook ou encore iMessage, le message texte de 160 caractères est en perte de vitesse un peu partout sauf en… Belgique. « Contrairement à ce qu’on peut observer dans d’autres pays depuis l’apparition de systèmes concurrents, on ne constate pas de diminution du nombre de SMS chez nous. Que du contraire, explique Mathieu Van Overstraeten, porte-parole de Mobistar. C’est sans doute dû aussi au fait que nous avons lancé des offres incluant un nombre important de SMS voire même parfois illimités. Le consommateur ne se pose plus la question du coût et continue d’en envoyer. Par ailleurs, la multiplication des smartphones explique également la tendance à la hausse. Parce que c’est nettement plus facile de composer un SMS aujourd’hui qu’en tapotant sur les claviers d’antan. »

Chaque jour, des milliards de SMS sont envoyés dans le monde. Rien qu’en Belgique, on en était à un peu plus de 21 milliards de SMS par an en 2011 (+17 % par rapport à 2010). Si la moyenne mensuelle est en hausse (403 par mois chez Proximus en 2012, 327 chez Mobistar), les revenus générés par ce trafic diminuent.

Pour la première fois, les revenus de détail nets générés par les SMS ont baissé, apprend-on dans le rapport annuel 2011 de l’IBPT, le régulateur belge des télécoms. Le prix moyen par SMS est passé de 2,4 cents en 2010 à 2 cents en 2011. Cette année-là, le chiffre d’affaires global généré par les SMS a atteint 422 millions d’euros. Mais difficile de savoir ce qu’il en est précisément au niveau des bénéfices retirés. Comme les SMS sont limités à 160 caractères, leur usage auprès des jeunes a entraîné une adaptation du langage écrit. On parle de langage texto. Caractéristique : il est composé d’abréviations les plus courtes possibles. Comble du comble, il existe même des applications qui proposent de traduire les messages textes en français correct (www.traducteur-SMS.com). Signalons qu’on peut également voter, payer (les parcmètres par exemple) ou encore participer à des concours par SMS. Mais ces derniers sont surfacturés. Bref, pas intéressants, sauf s’ils vous permettent de remporter un prix.

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