Apple a ouvert une enquête en Chine après un rapport d’une ONG accusant un sous-traitant du géant américain d’employer de force des étudiants, qui travailleraient «comme des robots» pour assembler des montres connectées.

Les étudiants ont été forcés de travailler dans l’usine du sous-traitant d’Apple, le fabricant d’électronique taïwanais Quanta, parfois de nuit, sous peine de ne pas obtenir leur diplôme d’une école technique, a dénoncé l’association hongkongaise de défense des travailleurs Sacom.

«Si on avait refusé de travailler ici, l’école ne nous aurait pas donné notre certificat de fin d’études», a affirmé une personne citée dans le rapport, et qui étudie le commerce en ligne.

L’association a mené son enquête cet été auprès de 28 personnes sur un site de production de montres Apple Watch situé à Chongqing (sud-ouest). La totalité a déclaré n’avoir pas été volontaire pour y travailler.

Les étudiants interrogés disent avoir officiellement été considérés comme des «stagiaires». Une pratique qui serait répandue en Chine, où des usines collaboreraient avec des écoles techniques afin de les approvisionner en main-d’oeuvre lors de pics de production.

«Nous sommes comme des robots sur les lignes de production», explique dans le rapport un jeune de 18 ans. D’autres assurent avoir été contraints de travailler de nuit.

«L’usine ne pourrait pas fonctionner sans étudiants stagiaires», raconte l’un d’entre eux.

Les stages dans les usines sont autorisés par la loi chinoise. Mais selon Sacom, le travail effectué par les étudiants interrogés dans l’étude «n’a strictement rien à voir avec leur cursus».

Quanta, qui produit également pour d’autres marques, n’a pas répondu à une demande de commentaire de l’AFP.

Mais Wei Gu, une porte-parole d’Apple, a assuré que le géant californien était «en train d’enquêter d’urgence sur les signalements faisant état du recrutement en septembre d’étudiants stagiaires».

Ces accusations posent de nouvelles questions sur la façon dont sont fabriqués les produits de la marque californienne dans le pays asiatique, après notamment une vague de suicides il y a quelques années.

Une vague de suicides, qui avait connu un pic en 2010, avait touché des employés d’un autre partenaire d’Apple en Chine, le groupe taïwanais Foxconn — numéro un mondial de la sous-traitance électronique.

Le géant américain a vendu des dizaines de millions d’Apple Watch — dont certains modèles dépassent les 1.000 euros — depuis son lancement il y a trois ans.