Prise de bec entre Apple et le gouvernement indien, alors que l’Autorité de régulation des télécoms indienne (TRAI) somme la firme de Cupertino d’intégrer Do Not Disturb, une application de sa propre confection pour éviter les spams. La TRAI a essuyé un refus de la part de la Pomme.

La présence d’Apple sur le sol indien est fragile, après avoir enregistré une forte baisse des ventes pour l’iPhone : moins d’1 million au premier trimestre 2018 contre 3,2 millions un an plus tôt, selon un rapport Bloomberg. Par ailleurs, la marque est contrainte de vendre 30% de ses téléphones fabriqués localement pour pouvoir ouvrir un Apple Store. Le tout, couplé à une imposition à hauteur de 10% sur l’importation de circuits imprimés.

Aujourd’hui, c’est un autre obstacle qui se dresse face au géant californien, les autorités indiennes exigent de chacun des constructeurs de smartphones qu’ils installent nativement dans leurs téléphones l’appli antispam mise au point par la TRAI, sans quoi ils ne seront pas reconnus par le réseau et donc rendus inutiles.

La raison invoquée par Apple ? Cette application “viole la politique de vie privée de l’App Store“. En effet, elle doit accéder aux SMS et à l’historique des appels de l’utilisateur pour fonctionner correctement. La firme de Cupertino ne veut pas d’une telle appli sur son store, alors que tous les autres constructeurs du marché indien se sont déjà pliés à la règle. L’application est déjà disponible depuis 2016 sur Play Store.

Les négociations sont rompues, l’Inde impose sa loi

L’entreprise californienne a tenté de négocier une modification de l’appli pour assurer la confidentialité des données personnelles. Le gouvernement indien ne l’entend pas de cette oreille puisque la TRAI a publié fin juillet une mise à jour de ses règles d’utilisation mentionnant que “Tous les fournisseurs d’accès doivent s’assurer, dans les six mois, que les téléphones fonctionnant sur leur réseau intègrent les applications de l’article 6(2)(e). Sans quoi, les fournisseurs d’accès devront couper les terminaux de leur réseau.

Le compte-à-rebours est lancé pour Apple, qui va devoir se résigner à suivre le règlement indien ou trouver un accord avec les autorités de régulation. Peu de chances que des négociations aboutissent puisque le président de la TRAI déclarait il y a quelques jours : “Cela ne sert plus à rien de négocier avec des lettres. Le meilleur moyen d’obtenir raison, c’est par la justice.