Il s’infiltre dans une usine d’iPhone et raconte ce qu’il y a vu

Par posté le 17 avril 2017

Un étudiant d’une université de New-York s’est infiltré dans une usine chinoise dans le cadre d’un projet d’étude. Il y a travaillé 6 semaines et a découvert les conditions de travail des ouvriers.

Crédit : AFP

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Depuis toujours, Apple cultive un culte du secret au sein de son entreprise. Derrière ces mots se cache une stratégie que met en oeuvre la Pomme depuis bien des années et qui consiste à ne rien dévoiler au grand public en ce qui concerne ce qui se prépare en interne avant une keynote. Plusieurs raisons permettent d’expliquer cette politique, que ce soit les secrets de développement que veut protéger la firme ou encore les conditions de travail pas toujours reluisantes et pourtant encore d’actualité dans les usines. Un étudiant de la New York University, Dejian Zeng a choisi de les mettre en lumière dans le cadre de ses études.

Tout est parti d’un projet d’étude qui a poussé Dejian Zeng à travailler au sein d’une usine d’assemblage d’iPhone en Chine et plus précisément sur une ligne de production d’iPhone 6S et 7 chez Pegatron.

Il s’est rapidement rendu compte de la réalité du terrain puisqu’il avait pour mission de visser un haut-parleur sur un boitier tout au long de la journée.

Une ambiance minimale

L’étudiant raconte que ses débuts furent laborieux : il fallait rattraper le rythme de la ligne de production et ce travail était tel qu’il explique n’avoir pas eu le temps de penser à autre chose qu’à la tâche qui lui incombait. Ce n’est que quand le travailleur a atteint une vitesse satisfaisante qu’il peut espérer bénéficier de temps libre. Mais ces moments de relâche ne s’inscrivent pas dans une ambiance festive : aucun appareil électronique n’est permis au sein de l’usine et il n’est dès lors pas possible d’écouter de la musique, de suivre les informations ou de regarder une vidéo.

Et même les discussions sont assez encadrées puisque les chefs n’hésitent pas, selon Dejian Zeng, à demander à leurs hommes de baisser le ton.

Durant les pauses qui durent 10 minutes, l’étudiant a observé ce que choisissaient de faire les ouvriers. Certains en profitent pour faire des micro-siestes alors que d’autres se rendent aux toilettes pendant ce laps de temps. L’universitaire précise aussi que les toilettes se situent à l’autre bout de l’atelier et que s’y rendre demande… 10 minutes, soit une pause complète.

Pendant la pause de midi (50 minutes) par contre, il n’est pas possible de s’allonger puisque cela est interdit par la direction. En guise de punition, les travailleurs peuvent écoper d’une diminution de salaire.

Toujours concernant les horaires, il a constaté que les journées de travail durent 12 heures et en une semaine, l’ouvrier doit donc prester 60 heures. Cependant, selon Apple, ce sont “seulement” 43 heures en moyenne qui seraient effectuées par les ouvriers. Le reste correspondant à des heures supplémentaires. L’étudiant infiltré explique la perversité de ce système : sous-payés, les travailleurs sont obligés d’accepter de faire des heures supplémentaires.

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Des conditions discriminatoires

Pour travailler chez Pegatron, il faut répondre à une série de conditions. Tout d’abord, les femmes enceintes n’y sont pas admises. Ensuite, il en va de même pour les personnes présentant un tatouage de plus de 10 centimètres.

Enfin, si le demandeur d’emploi est accepté dans l’usine, Dejian Zeng souligne qu’il empochera plus ou moins 3100 yuans (425 euros) pour un mois de travail et que cette faible somme d’argent est quasiment la seule motivation des ouvriers.

Si le constat n’est donc pas très brillant, rappelons qu’Apple n’est pas la seule entreprise à faire fabriquer ses appareils à la chaine chez Pegatron ou Foxconn. De nombreux autres fabricants de smartphones et ordinateurs passent également par ces acteurs pour toutes leurs commandes.

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Twitter : @RmiLach

Un commentaire

  1. xyzetc

    17 avril 2017 at 23 h 24 min

    Peut-être pas une mauvaise chose de garder les femmes enceintes éloignées. Les sous-produits? dérivés? excréments techniques ne font de bien a personne.

Réponse

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